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« créé ta marque ».

 

Il y a quelques semaines je préparais un post Instagram intitulé « crée ta marque ». Une phrase seulement, accompagnée d’une image.

Un tout qui sonne comme un ordre, une injonction.

 

Le post Instagram de départ

 

Alors même que je créais ce post je me suis sentie gênée. Je ne me sentais pas à ma place de poster une telle composition. Je ne voulais pas endosser le rôle de la donneuse d’ordre.

Peut être est-ce parce que moi-même je supporte difficilement que l’on me donne des ordres, que l’on me dise quel est le bon chemin et qu’on m’oblige à le prendre. Je ne veux pas donner d’ordre. Je ne veux pas dire aux autres quoi faire et comment le faire.

« Crée ta marque ».
Ce post, je l’ai programmé dans mon agenda. Je l’ai rédigé, j’ai failli taper sur le bouton poster. Un jour. Puis le lendemain. Puis j’ai trouvé une autre photo et j’ai posté autre chose à la place.

Ce post je ne le sentais pas. Alors je ne l’ai pas publié. Parfois nos choix se résument à ça : le sentir ou non.

Je ne savais pas pourquoi à cet instant j’avais le sentiment que cette publication n’était pas la bonne, pas appropriée. C’était il y a deux semaines, et ce soir j’ai le sentiment de démêler tout juste les fondements à l’origine ce sentiment.
Je ne crée pas des marques, je ne crée pas ma marque et je ne crée pas la marque de mes clients. Je les aide à accoucher d’une nouvelle identité. Une identité visuelle, une identité en ligne, une identité de projet, d’entreprise, une identité parfois mouvante, qui évolue à chaque moment clé de la vie.

Je sais pourquoi cette publication me gênais : je n’accompagne pas des marques, je ne veux pas accompagner de marques. J’accompagne des individus. Des entrepreneur(e)s à la personnalité singulière, aux projets hors du commun, car ce qui vient du plus profond de soi n’est jamais commun.

Certains projets se réalisent en deux semaines tandis ce que d’autres prennent des mois à se mettre en place. Je me suis souvent demandée ces derniers mois ce qui différenciait ces laps de temps d’un projet à l’autre. Pourquoi telle personne, entrepreneur(e) depuis plusieurs années prenait 4 mois à se fixer sur un nouveau logo tandis ce qu’une autre se décidait en quelques jours. J’ai hésité à mettre des délais, durant une fraction de seconde je me suis demandée s’il fallait que je pousse certains clients à décider plus vite, car plus vite c’est plus de rendement, c’est « rentrer dans ses frais ». Mais ça non plus ça ne me correspond pas. Parce que je sais qu’un logo pour nous, entrepreneur(e)s, c’est bien plus qu’un simple badge, qu’une simple marque sur un projet.

Un logo, pour nous, c’est une identité. Un symbole qui reflète ce que nous avons de plus profond et qui révèle ce que nous voulons apporter au monde.

Pour moi créer une identité visuelle, un logo ou un site internet ce n’est pas seulement donner une marque à un projet. C’est accompagner mes clients dans une sorte d’ « accouchement » de leur mission de vie, de leur projet. Et certains prennent plus de temps à définir cette nouvelle identité que d’autres.

Alors ce soir j’ai compris. J’ai compris ce que je fais là : je ne crée pas des marques, j’aide mes clients à créer des identités.

Certains diront que c’est utopiste, idéaliste, qu’à long terme ce n’est pas viable. Et pourtant j’y crois. Je sens que c’est le bon chemin. Je ne suis pas là pour le rendement. Ça, la vie me l’a bien fait comprendre. Je ne suis pas là pour la quantité. La quantité de clients, la quantité de projets, d’argent. Je suis ici pour la qualité. Je suis ici pour créer de belles choses, pour créer les plus belles choses possibles. Je suis ici pour que les choses que je crée soient le reflet des entrepreneurs pour qui je travaille. Pour qu’elles reflètent leur identité.

Voila ma mission.

Créer son identité n’est pas essentiel, c’est juste une étape par laquelle certains d’entre nous passent, par différents moyens, et moi j’aide les gens qui veulent passer par des symboles.

 

Un post un peu personnel, mais je me dis en le postant : à quoi bon avoir un espace de parole si ce n’est pas pour communiquer des choses qui sortent du plus profond de nous ?

 

À bientôt,